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Inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS)

Sommaire : Inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) fait partie d'un groupe de médicaments couramment utilisés pour traiter des conditions telles que la dépression et l'anxiété.
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Description générale

Les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) appartiennent au groupe de médicaments appelés antidépresseurs. Six différents ISRS sont vendus au Canada. Ces derniers comprennent :

  • Le citalopram (Celexa®)
  • L’escitalopram (Cipralex®)
  • La fluoxétine (Prozac®)
  • La fluvoxamine (Luvox®)
  • La paroxétine (Paxil®)
  • La sertraline (Zoloft®)

Dans quels cas utilise-t-on les ISRS?

Même si ces médicaments sont appelés « antidépresseurs », ils peuvent être utilisés pour traiter des maladies autres que la dépression. Lorsque les effets bénéfiques éventuels (p.ex., l'atténuation des symptômes) découlant de l'utilisation des ISRS l'emportent sur les risques potentiels (p.ex., les effets secondaires), bon nombre de médecins peuvent les prescrire pour traiter :

  • Les troubles d’anxiété comme le trouble d’anxiété généralisé, le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), le trouble panique, le trouble d’anxiété sociale et le trouble de stress post-traumatique
  • La dépression
  • La dépression associée au trouble bipolaire
  • Les troubles de l’alimentation
  • Le mutisme sélectif
  • Le trouble d’anxiété de séparation;
  • Les sautes d’humeur importantes associées au syndrome prémenstruel

Votre médecin pourrait vous prescrire ce médicament pour une autre raison. Si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles on vous prescrit ce médicament, veuillez demander des explications à votre médecin.

Comment les ISRS agissent-ils?

Les ISRS sont connus pour augmenter la quantité d’une substance chimique du cerveau appelée sérotonine. On pense que certaines substances chimiques dans le cerveau, telles que la sérotonine et la noradrénaline, n'agissent pas bien chez les personnes atteintes de dépression. Le mécanisme exact grâce auquel les ISRS atténuent les symptômes des troubles d'anxiété et de dépression n'est pas encore complètement connu.

Dans quelle mesure les ISRS sont-ils efficaces pour les enfants et les adolescents?

Certains ISRS, comme la fluoxétine, la sertraline et la fluvoxamine ont été approuvés par la FDA pour les enfants et les adolescents aux États-Unis.

 

Plusieurs ISRS ont été étudiés chez les enfants et les adolescents à qui on a diagnostiqué un trouble d’anxiété ou la dépression. Des données probantes solides ont montré que lorsqu’ils sont utilisés pour traiter un trouble d’anxiété, les ISRS sont plus efficaces qu’un placebo (une pilule inactive qui ressemble au médicament) pour réduire les symptômes de l’anxiété. Plus précisément, dans le traitement du TOC, les données probantes ont montré que les ISRS réduisent davantage les symptômes du TOC qu’un placebo.

 

La recherche appuie l’utilisation de certains ISRS chez les enfants et les adolescents atteints de dépression. Cependant, certaines études sur la dépression d’enfant ont montré que certains ISRS ne sont pas plus efficaces qu’un placebo pour traiter les symptômes de la dépression. Dans la mesure du possible, le recours à une thérapie comportementale, telle que la thérapie interpersonnelle (TIP) pour la dépression ou la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en complément du médicament pourrait aider à maximiser les avantages possibles.

 

En général, chez les jeunes atteints de dépression qui prennent des ISRS pendant 2 ou 3 mois, 5 ou 6 jeunes sur 10 constatent une amélioration des symptômes de dépression qu’ils présentent (tels que l’humeur morose, les troubles du sommeil, les changements de l’appétit, le manqué d’énergie, des problèmes de concentration et la fatigue). Toutefois, chez les jeunes déprimés à qui on a administré un placebo pendant 2-3 mois, près de 4-5 personnes sur chaque groupe de 10 personnes traitées présentaient également une réduction des symptômes de la dépression.

Comment les ISRS doivent-ils être pris?

Les ISRS sont en règle générale administrés une fois par jour. Les ISRS sont vendus sous différentes formes, telles que des capsules, des comprimés et sous forme liquide (fluoxétine). Vous pouvez prendre ce médicament avec ou sans nourriture; toutefois, les maux d’estomac pourraient toutefois être réduits si vous le prenez avec des aliments ou du lait. Ce médicament devrait être pris à la même heure chaque jour selon les recommandations de votre médecin. Essayez de le prendre en même temps qu’une de vos activités quotidiennes (Par exemple, au moment de prendre votre déjeuner ou de vous brosser les dents) pour ne pas l'oublier.

 

Les ISRS peuvent être pris avec les repas (cela pourrait permettre de réduire les maux d’estomac), du lait, de l’eau, du jus d’orange ou de pomme. ÉVITEZ de prendre les ISRS avec du pamplemousse, car ce fruit pourrait interagir avec certains ISRS.

 

En règle générale, votre médecin commencera par vous prescrire une faible dose. On augmentera progressivement cette dose en fonction de la manière dont vous réagissez au traitement. Vous et votre médecin pourrez alors discuter du dosage optimal à maintenir compte tenu de votre tolérance au médicament (la mesure dans laquelle le médicament est efficace et la manière dont vous supportez les effets secondaires du médicament) et de la mesure dans laquelle il contribue à réduire vos symptômes.

Quand l'ISRS commencera-t-il à avoir de l’effet?

Il faut prendre l’ISRS 3 à 6 semaines avant de commencer à mieux vous sentir. Les différents symptômes pourraient commencer à s'améliorer à différentes phases. À titre d’exemple, des améliorations en ce qui concerne le sommeil, l’appétit et l’énergie peuvent être observées dans les deux premières semaines. Parfois, les autres remarqueront les améliorations que vous connaissez avant que vous ne le remarquiez vous-même. L’ensemble des effets bénéfiques pourrait prendre 4 à 8 semaines (ou plus longtemps) pour se manifester. Compte tenu du fait qu’il faut du temps pour que ces médicaments agissent, il ne faut ni augmenter ni réduire la dose et il ne faut pas arrêter la prise du médicament sans en discuter avec votre médecin en premier lieu.

 

Si vous ne vous sentez pas mieux dans les 6 à 8 semaines suivant le début de votre traitement, votre médecin pourrait vous recommander de prendre un autre médicament. Il existe de faibles risques que les symptômes attribués à la dépression ou à l’anxiété s’aggravent ou que vous développiez plus de pensées autodestructrices durant les premiers mois de prise de ce médicament (voir la partie sur les effets secondaires). Si cela est le cas, avisez votre médecin IMMÉDIATEMENT.

Pendant combien de temps dois-je prendre l’ISRS?

Cela dépend des symptômes que vous présentez, de leur fréquence et de leur durée. La plupart des personnes doivent prendre ce médicament pendant au moins 6 mois. Cela laisse le temps à vos symptômes de se stabiliser et vous permet de retrouver votre fonctionnement normal. Après cette période, vous et votre médecin devriez discuter des avantages et des risques si vous décidez de continuer le traitement.

 

Si vous avez eu plusieurs crises de dépression grave et que vous tolérez bien ce médicament, il pourra vous être demandé de prendre ce médicament pour une durée indéfinie. En continuant votre traitement, vous êtes considérablement moins susceptible de connaître un autre épisode de dépression ou d’anxiété.

N’arrêtez PAS de prendre ce médicament (même si vous vous sentez mieux) avant d’en avoir discuté avec votre médecin en premier lieu. Si vous interrompez votre traitement soudainement, il est possible que vos symptômes réapparaissent ou que vous éprouviez une mauvaise réaction.

 

Une fois que vous avez commencé à prendre ce médicament, il faudra surveiller avec votre médecin les effets bénéfiques ainsi que les effets secondaires. Votre médecin vérifiera les progrès que vous réalisez et discutera avec vous des changements dans les symptômes au cours des trois moins suivants pour confirmer que ce médicament agit convenablement et que les effets secondaires possibles sont prévenus. . À ce moment-là, vous pourrez discuter de la durée de prescription du médicament.

Les ISRS créent-ils une dépendance?

Non, les ISRS ne créent pas de dépendance. Vous ne ressentirez aucun « état de manque » que certaines personnes ressentent avec la nicotine ou les drogues illicites. Si vous et votre médecin décidez qu’il vaut mieux pour vous d’arrêter de prendre de ISRS, votre médecin vous expliquera comment baisser la dose en toute sécurité afin que vous ne subissiez pas les effets désagréables « similaires à une grippe » qui pourraient s’ensuivre (frissons, nausée, vomissements, picotements dans les mains et les pieds, douleurs musculaires, fièvre et sensations électriques) pendant que votre organisme se réadapte à l’absence de ce médicament.

Quels sont les effets secondaires des ISRS et que dois-je faire si j’en fais l’expérience?

Comme pour la plupart des médicaments, vous pourriez subir des effets secondaires en prenant des ISRS. La plupart des effets secondaires sont modérés et temporaires. Les effets secondaires pourraient se manifester avant les effets positifs. Il est possible que certains individus soient aux prises avec des effets secondaires qu’ils jugent graves et durables. Si vous jugez que cela est votre cas, consultez votre médecin sans plus attendre.

 

Vous trouverez ci-dessous une liste de certains des effets secondaires les plus courants et des effets secondaires potentiellement graves que peut induire la prise de ce médicament.

 

Des suggestions sur les manières de réduire ses effets sont indiquées entre parenthèses.

Effets secondaires courants

Les effets secondaires pourraient se manifester plus fréquemment au moment de commencer à prendre un médicament ou après l'augmentation de la dose administrée. Si l’un de ces effets secondaires devient trop incommodant, veuillez en parler avec votre médecin, votre infirmier ou votre pharmacien.

  • Diminution de l’appétit (essayez de manger des repas plus fréquents et moins consistants)
  • Diarrhée (disparaît habituellement au cours de la première semaine)
  • Troubles du sommeil (essayez de prendre le médicament plus tôt dans la journée)
  • Somnolence (prenez votre le médicament à l’heure du coucher; l'effet s'estompe en général au fil du temps)
  • Sentiment d'agitation/de trop-plein d'énergie (évitez les boissons énergisantes, à base de cola et de café qui contiennent de la caféine)
  • Période d’agitation physique
  • Maux de tête (essayez d’utiliser un analgésique tel que l’acétaminophène (Tylenol® ordinaire)
  • Maux d’estomac ou nausée (essayez de prendre ce médicament avec des aliments ou un verre de lait)
  • Transpiration excessive (les antisudorifiques forts peuvent aider; parlez à votre médecin ou votre pharmacien)
  • Rêves d’apparence réelle que vous n’avez pas l’habitude de faire
  • Chez les adolescents ou les adultes : Changements de la performance ou de l’intérêt sexuel (discutez-en avec votre médecin)

 

Effets secondaires rares (p. ex. ceux observés chez moins de 5 % des patients)

  • Constipation (faites plus d’exercice physique, buvez davantage, mangez plus de légumes, de fruits et de fibres)
  • Vertige (essayez de vous lever lentement lorsque vous êtes assis ou allongé)
  • Sécheresse de la bouche (essayez de mâcher de la gomme sans sucre, des bonbons acidulés, des morceaux de glace ou des sucettes glacées)
  • Picotements dans les mains ou les pieds (discutez-en avec votre médecin)
  • Tics moteurs ou spasmes musculaires (discutez-en avec votre médecin)
  • Raideur musculaire (discutez-en avec votre médecin)
  • Manque de motivation/sentiments d’apathie (discutez-en avec votre médecin)
  • Diminution du rythme de croissance (surveillez la croissance)

Communiquez avec votre médecin IMMÉDIATEMENT si vous éprouvez l’un des effets secondaires potentiellement graves :

  • Humeur changeante qui passe à un état d’agitation, d’irritabilité ou de bonheur inhabituel.
  • Attaques (également appelés crises ou convulsions)
  • Éruptions cutanées, démangeaisons ou urticaire
  • Sentiment gênant de nervosité ou d'agitation intérieure
  • Hématomes ou saignements inhabituels
  • Sensations ou expériences inhabituelles (p.ex., des hallucinations)
  • Pensées autodestructrices, hostiles ou suicidaires

Quelles précautions mon médecin et moi-même devrions-nous prendre lorsque je prends un ISRS?

Informez votre médecin ou pharmacien si :

  • vous commencez à prendre tout autre médicament (sous prescription ou non), car plusieurs autres médicaments peuvent interagir avec les ISRS
  • vous vous sentez somnolent, étourdi ou au ralenti. Les ISRS peuvent entraîner ces effets secondaires de manière temporaire chez les individus qui prennent le médicament.

Si vous êtes touchés par ce genre d’effets, il est important d’éviter de conduire de la machinerie lourde ou une voiture.

 

L’ISRS pourrait augmenter les effets de l’alcool, et causer ainsi un effet sédatif et des étourdissements plus importants.

  • vous avez des antécédents de diabète, de maladie cardiaque, de maladie thyroïdienne, de maladie du rein ou du foie ou de crises d’épilepsie.
  • vous souffrez d’allergies ou avez déjà eu une réaction à un médicament.
  • vous avez des changements d’humeur ou des pensées autodestructrices
  • Vous développez tout nouveau problème de santé pendant que vous prenez un ISRS
  • vos menstruations se font attendre, vous tombez enceinte ou que vous tentez de tomber enceinte, ou que vous allaitez

Quelles instructions particulières devrais-je suivre lorsque je prends l’ISRS?

  • Gardez tous vos rendez-vous avec votre médecin et le laboratoire.
  • N'autorisez personne à prendre vos médicaments.
  • C'est une bonne idée de prendre rendez-vous ou d’avoir un appel téléphonique avec votre médecin dans a première ou deuxième semaine après le début du traitement, puis à intervalles réguliers, pour voir si le médicament a de l’effet, si vous le tolérez bien et pour discuter de tout problème que vous pourriez avoir.

Que dois-je faire si j’oublie de prendre une dose?

 

Si vous oubliez votre médicament alors que vous le prenez uniquement à l’heure du coucher, sautez la dose manquée et poursuivez votre programme régulier de traitement la journée suivante. NE doublez pas la dose suivante. Si vous prenez le médicament plus d’une fois par jour, rattrapez la dose manquée le plus tôt possible. Par contre, s’il est presque temps de prendre votre dose suivante (p. ex. dans un délai de 4 heures), sautez la dose manquée et ne doublez pas la dose suivante. Au lieu de cela, continuez de suivre votre horaire de dosage normal.

 

Quelles sont les conditions d’entreposage requises pour les ISRS?

  • Conservez ce médicament dans l'emballage d'origine, entreposé à la température ambiante à l'abri de l'humidité et de la chaleur (p.ex., pas dans la salle de bain ou la cuisine).
  • Gardez ce médicament hors de la portée et de la vue des enfants.

À propos de ce document

Un merci spécial au Kelty Mental Health Resource Centre pour la permission d'adapter ce document. Le document original a été développé par des professionnels de la santé de la Colombie-Britannique les services de santé mentale et de toxicomanie, et examiné par le personnel du Kelty Mental Health Resource Centre. Traduction française est une gracieuseté du Centre d'excellence de l'Ontario pour l'enfance et santé mentale des jeunes, et le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Canada.

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Avis de non responsabilité

Les renseignements contenus dans cette brochure sont offerts « tels quels » et sont destinés uniquement à fournir des renseignements généraux qui complètent, mais ne remplacent pas les renseignements donnés par votre intervenant en matière de santé. Communiquez toujours avec un professionnel de la santé qualifié pour tout renseignement supplémentaire concernant votre situation ou circonstance particulière.

 

 

Affichée le : Apr 27, 2013
Date de la dernière modification : Jul 12, 2018

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